19.08.2010
The expendables unité spéciale, la critique
-1976, Sylvester Stallone, fils d'un coiffeur américain d'origine italienne, accède à la gloire avec le film "Rocky". L'histoire d'un boxeur de seconde zone qui se voit offrir la possibilité d'affronter le champion du monde des poids lourds. La suite est entrée dans la légende...
-1988, les films d'action sont plus populaires que jamais et les excès de "Rambo III" entâchent durablement la carrière de Stallone, alors au sommet de sa gloire. Les années 90 marquent une longue traversée du désert, bien que l'acteur ait renoué brièvement avec le succès le temps d'un film: "Cliffhanger" (1993) de Renny Harlin ("58 minutes pour vivre", "le cauchemar de Freddy"...).
-2006, Stallone ressuscite son personnage fétiche pour un dernier baroud d'honneur salué par la critique et les fans, "Rocky Balboa".
-2008, "Sly" (pour les intimes) décide d'offrir une fin digne de ce nom au personnage de Rambo. A des années lumières du prétentieux "Rambo III", "John Rambo" est un film intense, mélancolique et sans concession vis à vis de la violence.
-2010, à 63 ans Stallone refuse de raccrocher les gants et porte à l'écran son projet le plus ambitieux: "The expendables".

Réunir à l'écran toutes les stars du film d'action dans un seul et unique film, un fantasme de geek féru de cinéma de genre... Une idée folle qu'on pensait irréalisable et pourtant, c'est mal connaître Stallone.
Si Jean Claude Van Damme, Steven Seagal, Chuck Norris, Jackie Chan et Kurt Russel ont refusé de participer au casting, on retrouve quand même une sacrée collection de gros bras à l'affiche de "The expendables", jugez plutôt:
-Stallone himself, figure emblématique du genre et interprête des légendaires Rocky et Rambo.
-Jason Statham, la nouvelle icône des héros "qui en ont", adoubé par la trilogie "Le transporteur" et le dyptique déjanté "Hyper tension".
-Jet Li, l'unique représentant du continent asiatique, célèbre pour ses "il était une fois en Chine", "Danny the dog", "Rome doit mourir" et "le baiser mortel du dragon".
-Doplh Lundgren, le géant suédois abonné aux séries B depuis la fin des années 80. Impérial dans "Rocky IV", "Universal soldier" et "Dans les griffes du dragon rouge".
-Mickey Rourke, véritable gueule cassée du cinéma américain qui a renoué avec le succès depuis l'incroyable "The wrestler" en 2009.
-Bruce Willis, l'acteur culte de l'excellente quadrilogie "Die Hard". On le retrouve également dans les non moins célèbres "Pulp fiction", "Armageddon", "Sixième sens" et "Sin city".
-Steve Austin, catcheur de renom échappé du ring de la WWE.
-Arnold Schwarzenegger, l'action hero ultime. Interprête inoubliable des cultissimes "Terminator", "Predator", "Total recall" mais aussi des plus dispensables "Conan le barbare", "l'effaceur" et "un flic à la maternelle". Absent des écrans depuis 2003 ("Terminator 3: le soulèvement des machines"), il occupe depuis le poste de gouverneur de Californie.
Avec un tel casting, le film ne fait bien évidemment pas dans la dentelle. Le ton est donné dès les premières minutes avec une mise à mort particulièrement gore et radicale. Stallone ne mâche pas ses mots et la mention "interdit aux moins de 12 ans" paraît bien légère au vu de la violence distillée tout au long du film (mention spéciale à la scène où Stallone décapite un malfrat à la machette). Une esthétique "in your face" héritée de "John Rambo" (2008) qui a le mérite de renforcer le réalisme des scènes d'action mais qui ne fera certainement pas l'unanimité... Ames sensibles s'abstenir!
La réalisation, nerveuse, colle à l'esprit du film mais le montage des scènes d'action, parfois un peu trop speed, empêche d'apprécier pleinement le talent de certains acteurs (le duel Li/Lundgren illustre à merveille mon propos).
Heureusement le scénario, s'il tient sur un timbre poste (un groupe de combattants est engagé pour renverser un dictateur manipulé par un ancien de la CIA), permet à chacun des intervenants d'avoir son moment de gloire, le tout formant un ensemble relativement cohérent. Seule ombre au tableau et c'est là le gros point faible du film: la dimension humaine, centrale dans les deux précédents films de Stallone, s'estompe ici au profit de l'action. Aucun des personnages n'est vraiment développé, si ce n'est peut être Jason Statham et dans une moindre mesure Mickey Rourke (émouvante tirade au passage). Pour les autres, on ne sait pas vraiment qui ils sont, ni d'où ils viennent. Cette lacune ne nuit aucunement à la compréhension du film mais lui donne un petit côté creux qui l'empêche de s'élever au délà du statut de "film évènement bourrin pour fans nostalgiques des années 80". La scène de l'église avec Schwarzenegger, Willis et Stallone s'inscrit tout à fait dans cette démarche. Si elle est jouissive (cette joute verbale entre les deux anciens rivaux du box office est savoureuse), on ne peut qu'être frustré par sa briéveté...
L'un dans l'autre les fans seront comblés (il parait évident que ce film leur est dédié), Stallone a rempli sa part du contrat et force le respect du haut de ses 63 ans. Dommage qu'il n'ait pas poussé sa démarche un peu plus loin en étoffant un peu plus ses personnages, "The expendables" serait alors passé du bon à l'indispensable. Un deuxième volet (avec encore plus de stars dit-on) serait en route, espérons qu'il tienne compte des erreurs du premier opus!
14:08 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : stallone, the expendables, cinema, action, bruce willis, jason statham, schwarzenegger



Commentaires
"La réalisation, nerveuse, colle à l'esprit du film mais le montage des scènes d'action, parfois un peu trop speed, empêche d'apprécier pleinement le talent de certains acteurs"
Je me suis dit exactement la même chose. Un bel hommage au genre action 80's.
J'espère une suite avec d'autres acteurs (JCVD, ce serait bien quand même...).
Écrit par : Fabien | 22.08.2010
Écrire un commentaire