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04.07.2008

Scream for me Bercy!

Dire que IRON MAIDEN est une légende du heavy metal est un doux euphémisme. 28 ans après la sortie de leur premier album, les Britanniques continuent de silloner le monde en distillant leur musique puissante et mélodique. Mardi dernier, ils étaient au palais omnisport de Bercy et votre serviteur y était. Chronique d'un rêve devenu réalité...
La naissance d'une passion
J'ai découvert IRON MAIDEN en 2002, quelques mois après être devenu un Metalhead (un fan de heavy metal) à l'écoute de "Master of puppets" (de METALLICA) et "Final countdown" (EUROPE). A l'époque, mon principal objectif était de découvrir les autres "ténors" du genre. IRON MAIDEN était le nom qui revenait le plus souvent. T-shirts à l'effigie d'Eddie (leur mascotte zombie), interviews (ils étaient sans cesse cités comme influence majeure), posters... Ils étaient partout! Tout indiquait qu'ils étaient le groupe de metal le plus célèbre au monde (avec METALLICA cela va de soi).  Dans ces conditions, il m'était bien sûr impossible de ne pas m'y intéresser. Si j'ai accroché dès la première écoute à leurs mélodies acérées, j'étais plutôt sceptique quant à la voix de Bruce Dickinson (un peu trop criarde à mon goût). Ce n'est qu'après plusieurs écoutes que je me suis mis à l'apprécier à sa juste valeur: une voix puissante et lyrique au service d'une musique à laquelle elle sied parfaitement. C'est véritablement à partir de ce moment que je suis devenu fan. L'année suivante (2003) je me suis procuré l'album "Dance of death" dès sa sortie. Ce premier achat estampillé "IRON MAIDEN" a confirmé mon intérêt pour le groupe mais il m'a aussi remis les pieds sur terre. En regardant la liste des dates de la tournée dans le livret, je savais pertinemment que je ne verrai jamais le groupe en live tant que je serai à La Réunion, l'île étant trop petite et trop peu connue pour accueillir des artistes d'une telle notoriété... 5 ans plus tard, la donne avait changée. Installé en Normandie, rien ne m'empêchait de faire le déplacement pour aller les voir à Paris. Aussi dès l'annonce d'une tournée retraçant la période 1980-1988 (l'apogée créative et commerciale du groupe) j'ai bondi de joie avant de foncer à la fnac de Rouen pour acheter ma place. J'étais présent 30 minutes avant l'ouverture de la billeterie, c'était le 30 novembre 2007...
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Une journée inoubliable
Les 8 mois précédant le concert sont passés incroyablement vite (les articles de ce blog devraient vous en convaincre;-) et à une semaine de la date fatidique, l'excitation était déjà à son comble. Le jour J j'ai quitté très tôt  le domicile de ma marraine et j'ai pris le train depuis Vernon pour rejoindre Paris. Accompagné de mon ami Vincent (le batteur des BEATWIN en personne^^), je me suis rendu à Clichy (nous y avons croisé Stéphane Bern!) puis à Bercy où nous attendaient son frère et deux de ses amis. L'attente fût longue (de 13H à 18H) et pénible (il faisait une chaleur torride et il n'y avait nul part où s'abriter) mais il régnait dans l'air une frénésie démentielle. A tous les coins de rue et à toutes les térasses, on croisait des T-shirts noirs aux couleurs de IRON MAIDEN, METALLICA, AC/DC... Dans la file d'attente déjà bien longue, des metalheads écoutaient des classiques du métal (notamment "Painkiller" du groupe JUDAS PRIEST) tandis qu'un vendeur asiatique se faufilait en vendant des T-shirts à l'effigie de la dernière tournée (j'en ai pris un, le dessin qui y figure est celui que vous pouvez voir juste au dessus). A ma grande surprise, même un groupe de gamins (de toute évidence des primaires en sortie) s'est mis à scander un retentissant "Maiden! Maiden!". Tout cela contribuait à rendre l'ambiance particulièrement bon enfant d'ailleurs tout au long de l'après midi j'ai tapé la discute avec d'autres fans, plus sympathiques les uns que les autres. Il est sidérant de voir à quel point la musique et le rock en particulier revêt un aspect communautaire. Des gens qui appartenaient à des générations différentes et qui ne se connaissaient ni d'Eve ni d'Adam se lançaient dans des discussions passionnées (MERCI à toi "Tom Mathew"), rigolaient comme de vieux amis et partageaient quelques bières, il fallait le voir pour le croire! (J'imagine que cette sympathie ambiante a largement contribué à rendre plus supportable ces 5 heures d'attente). Lorsqu'arriva enfin le moment de l'ouverture des portes, les vigiles fouillèrent un à un les spectateurs mais il ne me fallu pas plus d'un quart d'heure pour entrer dans Bercy! Je me suis alors dépêché de trouver une place confortable dans les gradins à droite de la scène (juste derrière le carré VIP, grrr...). Par chance, j'avais une vue imprenable et un belge fort sympathique comme voisin. Une fois la salle pleine aux trois quarts et chauffée à blanc (regardez dans les liens tout en bas, vous verrez la monumentale hola:-), les lumières s'éteignirent et un énorme riff de guitare retentit. Lauren Harris fit son entrée sur scène sous les applaudissements. Je ne connaissais absolument rien de la fille de Steve Harris (le bassiste et leader de IRON MAIDEN) mais je dois avouer que la belle aux pieds nus avait de l'énergie à revendre (à défaut d'avoir un style original...). Le groupe qui l'épaulait n'avait pas à rougir de la comparaison (le guitariste nous a même gratifié d'un solo éxécuté derrière la tête, à la manière d'un Jimi Hendrix) mais il m'a laissé une drôle d'impression. Imaginez des refrains à la Avril Lavigne posés sur une rythmique quasi heavy-metal! Quoiqu'il en soit la prestation de Lauren (qui a tenté de nombreuses incursions dans la langue de Molière) a été vivement accueillie ce qui ne fût pas le cas d'Avenged sevenfold, le groupe suivant. Hués de façon honteuse par une bonne partie de la fosse, les californiens ont pourtant éxécuté leur set avec beaucoup de professionnalisme (à noter une très belle version de "Critical Acclaim") et ce malgré un volume un peu trop élevé. Certes le chanteur aurait pu se retenir de balancer des "FUCK" à tout va mais ce n'est pas une raison pour infliger un accueil aussi pitoyable à un groupe choisi par Maiden eux mêmes! C'est donc au terme d'une setlist vraisemblablement écourtée (certains affirment avoir vu le guitariste fracasser sa guitare par terre de rage) que les Avenged sevenfold ont libéré la scène. A ce moment là, tout Bercy retint son souffle tandis que les roadies déroulaient un tapis bleu cerni de motifs égyptiens (avec pour musique de fond, "Immigrant song" de LED ZEPPELIN).
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L'explosion
Il est 21H15, les cris s'intensifient ("Maiden! Maiden!") et le riff d'intro de la chanson "Doctor Doctor" (du groupe UFO) résonne dans Bercy. Cette fois ça y est, vu l'intensité du volume ce n'est certainement pas une bande mais bel et bien des notes éxécutées en live! Sur le gigantesque rideau bleu on observe une silhouette mouvante, de toute évidence un des membres du groupe s'amuse à faire monter la pression avant l'entrée en scène. Tout à coup, les lumières s'éteignent et les cris reprennent de plus bel. Cette fois, c'est l'instrumental "Transylvania" (extrait du premier album de Maiden) qui s'échappe de derrière le rideau. Sur les deux écrans disposés de chaque côté de la scène, une vidéo montrant l'attérissage du ED FORCE ONE (l'avion qui transporte le groupe sur cette tournée) est projetée puis ce fût le tour du célèbre discours de Winston Churchill ("We shall never surrender"). Le début du concert était imminent et pour la première fois depuis le début du concert, la quasi-intégralité des personnes assises (votre serviteur compris) s'est levée pour accueillir comme il se doit les héros de la soirée. Je ne vous raconte pas l'hystérie quand le rideau est finalement tombé et que les premières notes de "Aces high" ont jailli des enceintes, c'était la folie! Bruce Dickinson, fidèle à lui même, fit son entrée en scène en courant comme un dératé. Pendant près de deux heures, le groupe a enchainé 16 chansons à un rythme surprenant, ne laissant que très peu de blanc entre les chansons (sauf lorsque Bruce a annoncé: "je croa que le batteuw a cassé la beutri, c'est la 3emme feua":-). A un moment donné, le charismatique chanteur a demandé aux personnes de moins de 26 ans de lever la main. Il a alors constaté qu'elles étaient très nombreuses ce soir là et leur a annoncé que cette tournée rétrospective était pour eux avant de lancer un tonitruant "c'est une revelations!!".
Le concert fût ponctué de nombreux moments mémorables mais si je ne devais en retenir qu'un ça serait sans hésitation l'enchainement "The rime of the ancient mariner/Powerslave". Deux titres longs, épiques et théatraux qu'ont n'avait pas entendu en live depuis le "Live after death" (le live de référence de IRON MAIDEN, enregistré il y a 24 ans)! Pendant le sinistre break du premier titre, les musiciens ont été submergés par la fumée tandis que la plate forme des spots lumineux vacillaient au dessus de leur tête. L'impression d'être sur un bateau avançant dans la brume était parfaitement retranscrite (on se serait cru dans "The fog" de John Carpenter), je crois bien qu'il s'agissait là de la mise en scène la plus impressionnante qu'il m'ait été donné de voir pour un concert. A eux seuls, les deux titres que j'ai cité résument ce qu'est un concert d'IRON MAIDEN: un gigantesque opéra-rock servi par des musiciens virtuoses et une mise en scène grandiloquente. "Hallowed be thy name" acheva de mettre à genoux les rares spectateurs qui avaient encore de l'énergie à revendre puis le groupe tira sa révérence. 
Le repos des guerriers
Ce concert du 1er juillet 2008 a été sans conteste le MEILLEUR CONCERT de ma vie (juste devant THERAPY? en 2006). IRON MAIDEN s'est montré à la hauteur de sa légende et si le maitre de cérémonie Bruce Dickinson n'a plus autant de souffle que dans les années 80 (rappelons qu'il fête ses 50 ans cette année), il n'en demeure pas moins impressionnant d'énergie et de décontraction. De plus, la mise en scène sur cette tournée est selon moi la meilleure qu'ils aient jamais eu (jamais auparavant il n'avait utilisé autant d'effets pyrotechniques! A cela s'ajoute un Eddie en grande forme, que ça soit sous la forme d'une momie géante ou d'un cyborg obsédé^^). Le son était d'une qualité plutôt honorable (même si certaines chansons comme "Aces high" sonnaient un peu brouillones avec 3 guitares) et le public a fait preuve d'un enthousiasme sans faille jusqu'au bout mais ce que je retiendrai par dessus tout c'est l'humilité d'un groupe qui n'a plus rien à prouver. Pour citer Bruce Dickinson: "Si nous existons c'est parce que vous existez".
PS: Le groupe a promis de revenir avec un nouvel album. UP THE IRONS!
Liens:

http://fr.youtube.com/watch?v=VUV_mbJChvs  (pour voir l'incroyable hola précédant le concert)

http://fr.youtube.com/watch?v=I-W-cWcJuxk&feature=rel... (pour voir ce que donnait le break de "The rime of the ancient mariner" en 84)